Des gens, tout simplement


Critique éditoriale :

 

On a l'impression de visionner chaque fois un micro-reportage : succession accélérée d'instantanés, un pour chaque étape de la trajectoire humaine présentée.

 

On n'a le temps ni d'analyser les tenants et aboutissants de chaque situation, ni de décortiquer l'équation personnelle de l'être observé : inutile de s'apesantir, là n'est pas l'essentiel ; et l'essentiel est urgentissime.

Alors ça va vite, très très vite.

Des faits, rien que des faits, énoncés dans leur succession ; et parmi eux, seulement les plus significatifs,  qu'ils soient émotions, pensées, paroles ou actions.

Pas de démonstrations alambiquées, juste des témoignages.

La succession des plans se charge de suggérer les rapports de cause à effet. 

Libre au lecteur d'y adhérer ou pas ; mais s'il n'y adhère pas, qu'a-t-il à proposer de plus pertinent que l'évidence elle-même ?

Le piège à conscience se referme alors et l'on reste quelques instants enfermé, en tête à tête avec la question, avec soi-même.

puis la conclusion rouvre la porte.

Puis un autre sujet, au même rythme, avec la même intensité, sans un instant de répit.

Sujets actuels et intemporels voisinent, comme en tous lieux et à toutes les époques.

Poésie pure, ancrée à la fois au réel et au rêve, chacun dans toute son amplitude entre le sordide et le sublime.

Poésie dure, quand elle s'infiltre dans les failles de l'âme humaine et en explore les abysses obscurs.

Poésie lumière, quand elle se glisse dans les trésors de l'âme humaine et en révèle les splendeurs secrètes.

Poésie philosophe, quand elle en tire les enseignements à la recherche des lois naturelles et du sens de l'existence.

On est souvent loin de l'eau de rose, toujours près de l'essentiel, que ça sente bon ou mauvais. On apprécie d'autant mieux les parfums enchanteurs que l'on se souvient d'avoir suffoqué dans des remugles pestilentiels. Du contraste naît le discernement.

 

Sur la forme, la densité des scènes captive l'attention, l'intensité pudique des émotions force le respect. La garde ainsi baissée, on est aussitôt happé dans le sillage de votre regard et de votre pensée. C'est très efficace.

 

Cette forme littéraire est à la fois novatrice et très forte en contenu.

 

Elle pourra compter des inconditionnels, prêts à s'extasier sur tout ce qui est inédit, de peur d'avoir une mode de retard... Jusqu'à leur prochain objet d'émerveillement.

 

Elle pourra aussi compter des détracteurs, pour lesquels tout ce qui sort des sentiers battus ne ressemble à rien de reconnu (leurs prédécesseurs dénigraient ainsi les premières œuvres de certains géants de la littérature).

 

Plus simplement, votre ouvrage reflète avec talent et originalité votre quête d'authenticité. Il mérite en cela d'être apprécié pour lui-même, au naturel, suis-je tenté de dire.

Claude Garet - Edition Bénévent